Comment choisir son psy
(ou comment se compliquer la vie alors qu’on allait déjà mal)
« Faut que j’aille voir un psy. »
Rien que cette phrase, déjà, elle a demandé un certain courage. Mais alors la suite… la suite, c’est une autre aventure.
Parce que bon. Très bien. Aller voir un psy.
Mais comment on choisit un psy, exactement ?
Est-ce qu’on choisit au faciès ?
Franchement, si c’est ça, c’est pire que Tinder.
T’es là, tu scrolles :
– Non, lui, il a l’air de me juger avant même que j’ouvre la bouche.
– Elle… non… elle va forcément me dire que tout vient de mon père.
– Lui ? Ah non… lui, on dirait qu’il a besoin de consulter quelqu’un aussi.
Ambiance.
Alors ok, on se dit qu’on va être sérieux. On va regarder les spécialités.
Et là…
C’est le moment où tu comprends que tu ne comprends rien.
Psychanalyste ?
Oui, pourquoi pas… mais elle est un peu jeune, non ? Et puis… elle n’a pas de barbe. Je ne sais pas, j’ai l’impression que ça manque de crédibilité pour analyser mon inconscient.
Et puis après, ça devient carrément technique :
TCC, EMDR, ICV…
Pardon mais… on est où là ?
J’ai l’impression de remplir mes vœux sur Parcoursup.
« Hmm… alors j’hésite entre EMDR Paris et TCC Business School… »
À ce stade, autant prendre la psychanalyste qui ne ressemble pas à un cliché vivant, ça me semble être un critère aussi valable qu’un autre.
Bon. Autre stratégie : les avis Google.
Alors là… gros moment de solitude.
Parce que… qui laisse un avis sur son psy, sérieusement ?
Tu imagines les commentaires ?
⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️
« J’ai pleuré du début à la fin, expérience incroyable, je recommande. »
Ou à l’inverse :
⭐️
« Très mauvaise psy. N’a pas réglé ma vie en 45 minutes. Déçue. »
C’est quand même étrange comme concept…
On note quoi exactement ? La qualité des silences ? Le confort du fauteuil ? La pertinence de nos névroses ?
Sinon, il y a toujours la recommandation.
Le fameux :
« J’ai une super psy, tu devrais aller la voir. »
Alors oui… mais non.
Moi, ça me met une pression bizarre. Ça fait un peu rendez-vous arrangé.
Si ça ne matche pas, j’ai l’impression que je vais décevoir tout le monde.
La personne qui m’a recommandé, le psy, moi-même.
C’est trop de responsabilités pour quelqu’un qui, à la base, cherchait juste à aller un peu mieux.
Et puis il y a le critère ultime : les disponibilités.
Là, attention terrain glissant.
Parce que les psys avec trop de disponibilités… ça m’angoisse.
Tu regardes, tu peux prendre un rendez-vous cet après-midi. Demain. Après-demain. Toute la semaine.
… mais il fait quoi exactement ce psy ?
C’est comme un restaurant vide à 21h. Tu sais que tu pourrais y aller… mais tu n’as pas envie de savoir pourquoi personne n’y est.
Non. Moi, je veux un psy complet jusqu’en 2027. Avec une liste d’attente. Un truc inaccessible.
Que ce soit compliqué d’avoir un rendez-vous. Que ça se mérite presque.
Parce que, visiblement, dans ma tête, plus c’est difficile à obtenir, plus ça doit être bien.
Voilà voilà.
…
Bon.
Je crois que tout ça, c’est probablement un signe que j’ai vraiment besoin d’un psy.
Et vite.
PS : promis, c’était un poisson d’avril. Mais si vous cherchez un psy, le plus important reste… de vous sentir en confiance.


