Croire en soi

Croire en soi…
et devenir son propre allié bienveillant

« Croyez en vous-même et en tout ce que vous êtes… Sachez qu’il y a quelque chose à l’intérieur de vous qui est plus grand que n’importe quel obstacle. »

Christian D Larson

Citation issue du livre Our Forces and How to Use Them (1912)

 

Croire en soi

 

Quand on lit : « Croyez en vous‑même et en tout ce que vous êtes… », on peut d’abord se demander ce que « croire en soi » signifie réellement. Pour beaucoup, croire en soi évoque des moments de confiance, de succès, des instants où tout « fonctionne ». Mais, de ma place de psychologue, j’aurais tendance à dire que croire en soi, c’est aussi et surtout être avec soi-même dans les moments plus difficiles, dans les doutes, dans les moments de fatigue où l’on croit que tout va mal et que rien ne pourra s’arranger.

Cette citation nous appelle à reconnaître une « réalité plus grande que tout obstacle » en nous. Cela ne veut pas dire que les obstacles ne vont pas venir, bien au contraire, ils font partie de la vie, mais que quelque chose en nous peut rester une ressource, un point d’ancrage.

Et ce  quelque chose  mérite d’être traité avec soin, avec gentillesse, avec bienveillance, car croiser un obstacle c’est une chose, se traiter durement après, en est une autre.

 

Je vous propose maintenant une petite réflexion sur ce que pourrait représenter le fait d’être bienveillant(e) envers soi-même.

Trois grandes clés de la bienveillance envers soi même

1. Reconnaître sa valeur intrinsèque

 

La première partie de la phrase de Ch. D. Larson, « Croyez en vous-même et en tout ce que vous êtes » nous invite à ne rien négliger de ce que nous sommes : nos forces, certes, mais aussi nos fragilités. Être bienveillant avec soi-même, c’est commencer par accepter qui nous sommes, tout simplement, avec nos qualités, nos limites, nos sautes d’humeur, nos contradictions, nos paradoxes.

2. Comprendre que l’obstacle n’est pas le maître

 

« … il y a quelque chose à l’intérieur de vous qui est plus grand que n’importe quel obstacle ». L’obstacle, qu’il soit externe (maladie, perte, événement difficile) ou interne (peur, doute, critique intérieure), ne définit pas la personne que nous sommes. Cette formulation nous rappelle que l’obstacle est un moment à traverser, non un trait d’identité.

Pour cultiver cette bienveillance, on peut rappeler que cet obstacle n’enlève rien à la personne que nous sommes. L’obstacle demeure moins un ennemi absolu ; il est plus à envisager comme un défi à traverser avec soi-même à ses côtés.

3. Mettre en œuvre des gestes concrets de gentillesse envers soi

 

Bienveillance ne rime pas avec complaisance ; elle rime avec soin. Je recommande souvent à mes patients de se montrer gentils avec eux-mêmes. Cela peut paraître parfois un peu flou pour eux, voire, une phrase qui serait un lieu commun, autrement dit une banalité comme on pourrait dire « allez, ça va aller ». Voici donc quelques suggestions que je pourrais vous proposer pour me montrer plus précise dans cette gentillesse que nous pourrions nous accorder :

      • Parlez-vous comme vous parleriez à un ami prochelorsque ça va moins bien : « je vois que tu es fatigué(e), c’est normal après ce que tu as vécu », plutôt que « tu n’y arrives pas, pourquoi es‑tu toujours dans ce cercle vicieux ? ».
      • Créez des pauses régulières de reconnexion : respiration abdominale, marche silencieuse, écrire trois choses que vous avez faites aujourd’hui dont vous êtes fier(e). Ces pauses permettent de sortir du pilotage automatique et d’être présent(e) à soi-même, comme c’est à la mode de le dire.
      • Autorisez l’imperfection : l’un des aspects les plus tendus dans notre société est la pression de « réussir ». Or croire en soi, c’est aussi pouvoir accepter l’erreur, l’effort, l’inachevé. Une phrase utile à se dire serait : « ce n’est pas parce que j’ai raté que je ne suis pas capable».
      • Choisir un mot-clé de bienveillance : par exemple « douceur», « respire », « je suis capable ». Chaque fois que votre voix intérieure devient critique, revenez à ce mot-clé pour vous rappeler que votre intention est bienveillance.

Pourquoi cette approche est utile en thérapie ?

 

Tout d’abord parce qu’elle favorise l’auto-compassion, dont les recherches montrent qu’elle est liée à une meilleure résilience psychologique. Ensuite, parce qu’elle déplace l’attention du « qu’est‑ce qui ne va pas ? » vers « qu’est‑ce qu’on a, là, tout de suite ? », ce qui permet de restaurer un sentiment de confiance et/ou peut-être de sécurité. Enfin, en incitant à reconnaître notre « force intérieure », on donne un récit alternatif à celui du défaitisme, sans nier la réalité de la souffrance.

Quelques mots de conclusion

 

Je vous invite à laisser résonner cette citation de Christian D. Larson :

« Croyez en vous-même et en tout ce que vous êtes… Sachez qu’il y a quelque chose à l’intérieur de vous qui est plus grand que n’importe quel obstacle. »

Peut‑être qu’il vous viendra une image, une sensation, un souvenir qui incarne ce « quelque chose ». Laissez‑le venir.

Et surtout, autorisez‑vous à y revenir demain, après‑demain… quand l’obstacle reviendra, parce que souvent il reviendra. Ce n’est pas l’absence d’obstacle qui fait la force, mais la présence d’une attitude intérieure douce, gentille et bienveillante.

 

Si un jour vous avez besoin de soutien pour activer cette bienveillance envers vous-même, sachez que vous n’êtes pas seul(e) à cheminer et que vous pouvez être, dès aujourd’hui, votre propre allié(e).

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