Comment appelle-t-on une personne qui veut toujours avoir le dernier mot ?
C’est une question qui revient souvent :
« Comment appelle-t-on une personne qui veut toujours avoir le dernier mot ? »
- Derrière cette formulation il y a presque toujours une histoire.
- Un conjoint qui ne lâche rien.
- Un collègue qui conclut chaque échange par une remarque définitive.
- Un membre de notre famille qui a toujours « raison ».
- Surtout, il y a un agacement. Une fatigue. Parfois même un sentiment d’injustice.
Car lorsqu’une discussion devient une lutte pour conclure, ce n’est plus vraiment un échange.
Alors, comment nommer ce comportement ? Et surtout, que révèle-t-il sur le plan psychologique ?
Comment appelle-t-on quelqu’un qui veut toujours avoir le dernier mot ?
Il n’existe pas un terme unique ni un diagnostic spécifique.
Vouloir avoir le dernier mot n’est pas un trouble psychologique en soi. C’est un comportement relationnel, dont la signification dépend du contexte et de la personnalité.
Selon les situations, on peut évoquer :
Une personne orgueilleuse
L’orgueil n’est pas simplement de la vanité.
Il s’agit souvent d’une défense.
Pour certaines personnes, reconnaître qu’elles ont tort équivaut à perdre de la valeur. Le désaccord est vécu comme une atteinte à l’image de soi. Avoir le dernier mot permet alors de restaurer une forme d’intégrité narcissique.
Une personnalité rigide
Certaines structures psychiques tolèrent mal l’incertitude.
Le doute est inconfortable. L’ambiguïté est anxiogène.
Clore la discussion, c’est refermer une brèche. C’est remettre de l’ordre là où l’échange a introduit du flou.
Une personne dans le contrôle
Dans d’autres cas, le dernier mot s’inscrit dans une dynamique de maîtrise.
Celui qui conclut garde symboliquement la main.
Il décide du moment où l’échange s’arrête.
Ce besoin de contrôle peut être discret ou très marqué, mais il traduit souvent une difficulté à supporter la vulnérabilité relationnelle.
Un fonctionnement à tonalité narcissique
Il est important d’être prudent avec les termes.
Vouloir avoir le dernier mot ne signifie pas être pervers narcissique. Cette étiquette est aujourd’hui utilisée de manière excessive et parfois inappropriée. En revanche, chez certaines personnalités à forte composante narcissique, ne pas avoir le dernier mot peut être vécu comme une défaite insupportable.
La discussion devient alors un espace de validation identitaire.
Pourquoi certaines personnes veulent-elles toujours avoir le dernier mot ?
La vraie question n’est pas tant comment les appeler, mais pourquoi elles fonctionnent ainsi.
Dans ma pratique, j’observe souvent que derrière ce besoin se cache moins un désir de dominer… qu’une difficulté à supporter certaines émotions.
> La peur d’avoir tort
Avoir tort suppose de reconnaître une limite.
Pour une personne dont l’estime de soi est fragile, cette limite peut être vécue comme une chute. Le dernier mot agit alors comme un pansement psychique.
> La difficulté à tolérer la frustration
Toute discussion comporte une part d’inachevé. On ne peut pas tout clarifier. Tout résoudre. Tout conclure parfaitement.
Certaines personnes supportent mal cette frustration naturelle. Elles ont besoin d’un point final clair pour se sentir apaisées.
> Une hypersensibilité à la remise en question
Le désaccord peut être perçu comme une critique. Même lorsqu’il est formulé calmement, il active parfois un sentiment ancien : ne pas être assez, ne pas être reconnu, ne pas être légitime.
Avoir le dernier mot devient une manière de rétablir un équilibre interne.
> Un modèle relationnel appris
Il ne faut pas sous-estimer l’histoire personnelle.
- Certaines personnes ont grandi dans des environnements où :
- → celui qui parlait le plus fort gagnait,
- → reconnaître ses torts exposait à l’humiliation,
- → le conflit était un rapport de force.
Dans ces contextes, le dernier mot n’est pas un choix conscient. C’est une stratégie intégrée très tôt.
Est-ce grave de toujours vouloir avoir le dernier mot ?
Tout dépend de la fréquence et des conséquences.
Si ce comportement est ponctuel, il fait partie des maladresses ordinaires de la vie relationnelle.
- En revanche, il devient problématique lorsque :
- • les conflits sont récurrents,
- • les relations s’usent,
- • l’entourage se sent systématiquement invalidé,
- • la personne elle-même se sent envahie par un besoin irrépressible de répondre.
Ce n’est pas le dernier mot en lui-même qui pose problème. C’est l’impossibilité de faire autrement.
La rigidité est toujours plus préoccupante que le comportement isolé.
Comment réagir face à une personne qui veut toujours avoir le dernier mot ?
Derrière la question de départ, il y a souvent une autre interrogation : « Comment faire pour que cela ne m’atteigne plus ? »
Voici quelques repères :
- Sortir de la logique de compétition
Un échange n’est pas un débat télévisé.
Plus vous cherchez à répondre, plus la dynamique s’alimente. Le mécanisme repose souvent sur une escalade mutuelle.
- Accepter de ne pas conclure
Ne pas répondre n’est pas perdre.
Le silence peut être un acte de maturité relationnelle. Il coupe court à la spirale et évite que la discussion ne devienne un terrain d’affrontement.
- Nommer le processus (dans les relations proches)
Il est parfois possible de dire, calmement :
« J’ai l’impression que c’est important pour toi d’avoir le dernier mot. »
Formulé sans accusation, cela peut ouvrir une prise de conscience.
- S’interroger sur ce que cela réveille en soi
C’est un point essentiel.
Pourquoi cela vous agace-t-il autant ? Qu’est-ce que cela vient toucher dans votre propre histoire ?
Parfois, deux besoins de reconnaissance se font face. Chacun cherche, lui aussi, à être validé.
Vouloir avoir le dernier mot : une question d’ego… ou de sécurité intérieure ?
L’ego n’est pas un défaut. Il structure notre identité.
Mais lorsqu’il devient défensif, chaque échange se transforme en épreuve.
Les personnes qui ont une sécurité intérieure plus stable peuvent laisser une conversation ouverte. Elles n’ont pas besoin de conclure pour exister.
Le véritable apaisement relationnel ne vient pas du dernier mot. Il vient de la capacité à tolérer l’imperfection du dialogue.
En résumé : quel est le terme exact ?
- Si vous cherchez une réponse concise à la question « comment appelle-t-on une personne qui veut toujours avoir le dernier mot ? », vous pourriez entendre :
- • Un(e) contradicteur / contradictrice, c’est-à-dire quelqu’un qui cherche systématiquement à contredire ;
- • Un(e) polémiste, autrement dit personne qui aime débattre et provoquer la discussion ;
- • Un(e) ergoteur / ergoteuse, ce qui signifie quelqu’un qui discute sur des détails, souvent pour ne pas lâcher ;
- • Un(e) pinailleur / pinailleuse, c’est-à-dire une personne qui chipote sans cesse ;
- • Un(e) têtu(e), plus général, quelqu’un qui ne veut pas céder ;
- • Un(e) grande gueule, autrement dit quelqu’un qui parle beaucoup et veut dominer la discussion ;
- • Un(e) donneur / donneuse de leçons (si la personne veut surtout montrer qu’elle a raison).
Mais en psychologie, nous évitons les étiquettes rapides, car derrière le besoin d’avoir raison, il y a souvent une vulnérabilité.
Derrière la volonté de conclure, une peur d’être diminué(e).
Derrière l’agacement qu’elle suscite, parfois une blessure en miroir.
Si ce thème vous intéresse, vous pouvez également lire mon article consacré au mécanisme psychologique plus global du besoin d’avoir le dernier mot, dans lequel j’explore plus en profondeur ce que ce comportement révèle de notre rapport à nous-même et aux autres.


